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jeudi, 22 février 2007

Extrait de La saga de Youza de Baltouchis

medium_carlo-verfaille-03.jpg« Pendant la vie, combien de gens on rencontre ! On leur parle, on rit un peu, on vide avec eux un bock de bière, on chante. Mais une fois l’homme couché sous une croix, fini, il n’existe plus. Il est couché et il se tait. Il se tait. Et si on entend quelqu’un répondre, ça ne vient pas du fond de la tombe, c’est seulement qu’on rêve. Quelqu’un vient parfois nous causer. Ou se promener ici ou là. Ou bien il reste assis. Comme s’il n’était pas mort. Ou il prend la charrette, commence même un travail ou un autre. Tout à fait comme un vivant. Comme un vrai vivant. Comme un vrai vivant, pas comme un défunt. Pourquoi, on n’en sait rien, mais un mort, dans un rêve, on ne le voit jamais dans sa tombe, ni même dans un cercueil où il est couché pendant l’office des morts. Dans les rêves, les morts marchent, sont assis à l’avant d’un tombereau, vous font des signes de la main. Tout à fait comme de vrais vivants. Peut-être est-ce pour cela que le Seigneur a donné le rêve à l’homme, pour qu’il voit, comme s’ils étaient vraiment vivants, ceux qui ne sont plus, mais qu’il a tellement envie de revoir un peu. »

Youazas BALTOUCHIS, La saga de Youza, Pocket, n°4075, 2001

Image : http://lachaise.gargl.net/photos/photos.htm

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