vendredi, 11 avril 2008
Cimetière virtuel
Plus de 100 millions de Chinois dont 2 millions de Pékinois se sont rendu le 4 avril dernier au cimetière honorer leurs ancêtres. D'autres descendants, de plus en plus nombreux, se sont acquitté de leur tâche en un simple clic.
Clic, on allume de l’encens sur la tombe de grand-papa Wang. Clic-clic, des chrysanthèmes fleurissent sur celle de feu grand-maman Zhang. Aujourd’hui, c’est Qingming, la Fête de la clarté pure, jour férié depuis cette année pour que tous les Chinois puissent se rendre dans les cimetières. Ou presque.
«Ça économise l'espace et désengorge le trafic»
Car si la tradition confucéenne veut que l’on se rende sur la tombe des ancêtres, de plus en plus de descendants préfèrent l’option internet. Désormais, balayer la tombe des aïeux depuis son écran, c’est possible. Voire encouragé par le Ministère des Affaires civiles. Zhou Libiao, directeur du département funéraire du Bureau des Affaires civiles confirme: «Cela permet d’économiser de l’espace mais aussi, vu le nombre de déplacements ce jour-là, de désengorger le trafic.» Même les plus célèbres cimetières d’Etat tel Babaoshan à Pékin – où sont enterrés les hauts dignitaires du parti comme l’ancien premier ministre Zhou Enlai – proposent des tombes en-ligne, nous glisse le directeur du département funéraire.
Parmi les sites les plus courus, Netor Memorial, a reçu 5 millions de visites à l’occasion de la Fête de la clarté pure l’année dernière, se réjouit Chen Ning, la fondatrice. «Ce sont surtout des jeunes de moins de 35 ans. Ils attachent de l’importance à la tradition tout en acceptant les nouvelles technologies». Pour 20 à 500 yuan par an, (3 à 72 francs), on peut acheter une tombe virtuelle. «Et plus on investit, plus les fonctions sont nombreuses», encourage la businesswoman: mélodies digitales, fleurs électroniques ou encore alcool virtuel pour égayer le long sommeil des ancêtres.
Plus magnanime, le site Endless love propose uniquement des services gratuits. «Beaucoup de Chinois n’ont pas le temps de rentrer dans leur province natale pour aller sur la tombe de leurs ancêtres», explique Han Kai, l’un des fondateurs. Et puis les tombes virtuelles seraient aussi bénéfiques pour l’environnement: «Absolument. Ce jour-là, on brûle énormément d’encens et de pétards dans les cimetières. Mais pas sur internet, c’est donc bien plus écolo!»
Source : http://papiersdechine.ch/site/article.php?id=1753
18:00 Publié dans Bizarre bizarre vous avez dit bizarre ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mort, droit, décès, cimetière virtuel, cimetière, insolite
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